ESTHETIQUE ET MORPHOLOGIE DU CHIEN

I. L'HOMME CREATEUR DE FORMES

L'apparition du genre humain marque le moment où le produit le plus achevé de la nature terrestre affirme son autonomie spirituelle en s'exerçant à modifier les formes de son environnement. Cette créature devenue créatrice ne peut désormais se satisfaire d'une immersion dans l'univers naturel : sa conscience veut s'en distinguer, non pour s'en isoler, mais pour en continuer l'œuvre à sa façon.

Les traces préhistoriques de l'aventure artistique nous sont les plus précieux signes de cette aspiration, en l'absence de laquelle l'être humain ne nous semble que l'ébauche de lui-même. Si l'on admet que le sens du sacré est le propre de la culture humaine, il n'est pas insensé de prétendre que la première des religions fut peut-être celle de la beauté ; entendons de cette beauté magique témoignant d'un accord possible entre le visible et l'invisible, par quoi l'intelligence peut sanctifier son alliance avec les puissances magnifiques et terribles de la matière vivante. Les célèbres peintures de Lascaux ou celles, plus récemment découvertes, de la grotte Chauvet nous montrent assez bien l'attention respectueuse que nos ancêtres d'il y a quelque 20 000 ans ont porté sur le règne animal, alors que, selon toute évidence, aucun élevage n'existait encore. La représentation que nous en donnent les peintres de ces époques est dénuée d'attribut significatif de domesticité, mais il serait présomptueux d'affirmer sur le ton de la certitude que la relation entre l'homme préhistorique et l'animal ne prit jamais une forme "amicale".

D'abord, l'être humain a contemplé et tenté de capter la beauté magique des animaux, sans pouvoir - ou vouloir - agir directement sur le destin biologique de ces ambassadeurs des dieux. Sa créativité le conduit plus tard à l'élevage sélectif, dont le chien - le "canis familiaris" - , tel que nous le connaissons actuellement dans la très grande variété de ses races, est le produit le plus emblématique. Voici en effet au moins 2000 ans que l'homme modifie ce canidé, selon ses besoins et ses goûts, qu'il en fait son compagnon de chasse, son ami, son gardien... et parfois son repas (il existe des tombes très anciennes où l'on trouve ensemble un homme et un chien, mais l'examen de certains sites révèle que cet animal a aussi été élevé pour sa chair au même titre que le cochon) Or, il ne fait aucun doute que l'esthétique de l'animal est un critère essentiel dans l'orientation sélective. Cependant, comment déterminer ce qui fait la "beauté" ou la "laideur" d'un chien ? Celui qui souhaite donner une réponse à cette question ne perdra pas son temps en faisant un détour par la question de l'esthétique en général.

 

II. PROBLEME GENERAL DE L'ESTHETIQUE : OBJECTIVITE ET SUBJECTIVITE DU BEAU

L'esthétique, en tant que système de pensée, apparaît assez tardivement dans l'histoire de la philosophie occidentale puisqu'elle ne voit vraiment le jour qu'au XVIIIe siècle avec la Critique de la faculté de juger de Kant. Cette discipline a depuis lors été l'occasion de spéculations intellectuelles profondes, quand ce ne fut pas d'élucubrations ennuyeuses ; mais il reste possible de formuler avec simplicité la question essentielle qu'elle pose toujours : lorsque nous disons qu'une chose est belle, exprimons-nous un avis purement subjectif ou donnons-nous une description objective de la réalité ? Si la beauté est purement subjective, il est inutile de faire des études artistiques et même vain de tenter de communiquer à propos de nos sentiments esthétiques ; si, au contraire, la beauté est totalement objective, il suffit alors de connaître les règles de l'art pour produire des chefs d'œuvre.

On trouverait bien des théories collectionnant des arguments en faveur de l'une ou l'autre de ces deux propositions contradictoires. Mais le génie de Kant a consisté à mettre en évidence que la compréhension de ce qui est à l'oeuvre dans le sentiment esthétique - le jugement de goût - exige précisément un dépassement de cette contradiction. D'une part, il n'est pas possible de déterminer des règles absolues en fonction de quoi chacun serait convaincu de la beauté d'une forme comme l'on est convaincu, par exemple, de la justesse d'un calcul mathématique : donc il n'y a pas de science de la beauté. D'autre part, le sentiment de beauté que nous inspire une forme ne peut être ravalé au niveau de la sensation agréable que produit sur nous la seule stimulation des sens, comme par exemple la chaleur d'un radiateur ou le souffle d'un ventilateur : par conséquent, le sentiment du beau, ne doit pas être compris comme la réponse mécanique d'un organisme à une stimulation de son appareil sensoriel.

Ce dépassement de la contradiction semble opérer au sein même des œuvres d'art ; ce que nous constatons par le fait qu'une pièce de théâtre, un film, un tableau, nous offrent à la fois des sensations très matérielles, dont l'interprétation variera en fonction de notre personnalité et de notre culture (la couleur, la forme, le son...), et des occasions de réflexions se rapportant souvent aux quelques grandes idées qui concernent tous les êtres (l'amour, la mort, le temps...). Il serait tout aussi vain de chercher une détermination totalement sensorielle ou uniquement spirituelle du sentiment du beau, que d'espérer produire un claquement de mains avec une seule main. Approcher le mystère de la beauté implique que l'on abandonne les visions fragmentaires de type sensualiste ou intellectualiste et que l'on s'interroge sur la relation entre sensibilité et intelligence.

 

III. LES CRITERES DE BEAUTE

1. Aspects relatifs du plaisir esthétique

a. L'instinct.

Pourquoi trouvons-nous une forme agréable ? D'abord parce qu'elle nous cause du plaisir, au sens le plus physiologique que l'on peut donner à ce mot. Il ne faut pas craindre de voir dans la satisfaction que procure la perception d'une forme une réponse instinctive révélant les inclinations inconscientes de notre nature animale. Or, le premier instinct de tout organisme est l'instinct de survie, et la puissance vitale reste un facteur d'attraction essentiel, ainsi qu'on l'observe dans les parades amoureuses animalières et autres rituels naturels de séduction.

L'instinct de survie s'exprime,  pour l'individu comme pour l'espèce, sous un double aspect :

  1. le besoin d'être protégé, qui implique la constitution de communautés et/ou la soumission à un dominant.
  2. le désir de protéger - très proche de la possessivité - qui peut prendre une forme maternelle et/ou dominatrice.

L'appréciation des formes d'un animal domestique est en partie conditionnée par cette double motivation. Dans le cas du chien, on remarque ainsi deux modèles idéaux contraires :

- le chien protecteur : gros chien à musculature apparente et bien découpée, tête massive, encolure puissante, épaules et poitrail larges,  grosses pattes.

=> tous les Molossoïdes, de type Dogue ou de Montagne : Terre-Neuve, Mastiff, Saint-Bernard, Rottweiler...

- le chien à protéger : petit chien présentant des signes (même lorsqu'ils sont trompeurs) de fragilité et de dépendance, tête "en pomme" donnant une allure d'éternel enfant, poils bouclés ou peluchés.

=> Chiens d'agrément (9e groupe) tel que les Caniches, le Chihuahua, Le Bichon à poil frisé, le Bichon maltais ; certains chiens d'eau comme le Cocker américain, le Chien d'eau irlandais, ; le Bedlington-Terrier (qui ressemble étrangement à un agneau) ; les Terriers de petites tailles comme le Cairn-Terrier, le Terrier du Yorkshire...

b. La situation psychologique personnelle.

Une part de nos attirances et de nos répulsions dépend de dispositions innées difficilement explicables ou simplement de notre vécu. Si vous avez été mordu par un chien à robe pie durant votre enfance, peut-être trouverez-vous affreux tous les chiens de cette couleur : il n'y a aucune raison valable pour vous convaincre de leur beauté, mais votre répulsion ne signifie rien pour les autres.

c. Les normes culturelles

Il n'existe pas de modèle de beauté d'une forme particulière qui soit indépendant d'une convention culturelle. C'est pourquoi l'on trouve plusieurs canons du corps humain, la beauté corporelle n'étant pas tout à fait la même pour un Pygmée que pour un Scandinave. Cette relativité nous est rappelée par l'histoire du « vilain petit canard » qui était en fait un beau petit cygne.

En ce qui concerne les chiens, le modèle de référence de chaque race est défini par les standards officiels dont il est impossible de justifier les exigences du point de vue d'un sentiment universel du beau : après tout, pourquoi faudrait-il considérer comme une règle universelle la coupe à la seconde vertèbre de la queue du Doberman? Et pourquoi diable la robe du Welsh-Corgi Cardigan ne doit-elle pas présenter trop de taches blanches?  Les standards ne prétendent pas définir ce qu'est un beau chien : ce sont seulement des références sans lesquelles on ne pourrait définir les races.

 

2.  La beauté intrinsèque : relier unité et variété

a. L'harmonie

Il n'existe pas de norme absolue pour chaque catégorie de formes, mais il y a bien un ordre universel régissant l'organisation interne des différentes formes harmonieuses. Architectes, peintres et musiciens savent qu'ils pratiquent à leur manière une espèce de mathématique appliquée à l'espace, à la couleur, au son. D'où les nombreuses spéculations sur le fameux nombre d'or qui serait la clef de l'équilibre parfait des formes...

Afin de bien s'entendre, il est souhaitable d'utiliser le terme d'harmonie pour désigner non toute espèce d'accord agréable, mais plus précisément une mise en relation des parties tendant à constituer un ensemble cohérent. L'harmonie n'est pas un critère subjectif : je peux fort bien constater l'harmonie d'une forme sans que celle-ci me soit agréable pour autant. Est harmonieuse la forme qui tend à l'unité par la symétrie, la fluidité, la régularité de ses parties constitutives. La quête de l'harmonie est une voie de simplicité, d'épuration, d'évidence : on dit à ce sujet que la perfection artistique est accomplie lorsqu'il n'y a plus rien à enlever, et non lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter. Rappelons ici qu'un trait caractéristique de la mentalité occidentale est l'obsession accumulatrice : il y aurait parfois intérêt à se demander si l'animal d'élevage, comme l'oeuvre d'art, ne gagnerait pas à ce qu'on pense à lui retirer quelque chose au lieu de vouloir toujours lui ajouter quelque chose.

La coupe de la queue du chien - je néglige ici les aspects éventuellement utilitaires de cette pratique - traduit une recherche d'harmonie, car le dépassement d'une longue queue peut rompre l'unité de la silhouette. N'en coupons pas trop cependant ! Un excès d'harmonie aboutirait à une forme tiède, grise, lisse et molle inspirant inévitablement l'indifférence et l'ennui. On aime qu'un chien soit typé, et non qu'il s'approche de la moyenne de toutes les races connues.

b. La dynamique

Ce qui donne du caractère à la forme, c'est la dynamique interne résultant de l'effort des parties d'un ensemble pour ne pas être englouties par cet ensemble. Et ce qui crée la dynamique, c'est le contraste : opposition de valeurs claires et foncées, de lignes souples et dures, de parties osseuses et musclées, de poils longs et courts, etc. Les taches de la robe jouent ici un rôle essentiel : imaginons un Dalmatien uniforme ! En fait, tous les détails qui "accrochent" donnent du caractère à la forme : les oreilles dites "de chauve-souris" et la queue en tire-bouchon du Bouledogue français sont indispensables au charme très typé de cet adorable monstre. Citons encore le Basenji (chiens primitifs - 5e groupe) pour ses chaussettes blanches et le Shar-Peï pour sa peau plissée et sa queue pointue...

Le contraste peut prendre une forme plus essentielle, que l'on pourrait qualifier de symbolique. Dans le cas du chien, la tension fondamentale à laquelle on est plus ou moins consciemment sensible est celle qui naît de la rencontre dans la même forme d'éléments sauvages et d'éléments "humains". Une sorte de loup originel est en sommeil dans la forme du chien ; en même temps, ne croirait-on pas voir une intelligence humaine s'éveiller dans ce regard accrocheur aux sourcils expressifs ?

Evidemment, lorsque la dynamique supplante absolument l'harmonie, la forme n'est plus seulement contrastée mais carrément discordante. Si un moderne docteur Frankenstein reconverti dans la chirurgie vétérinaire arrivait à greffer une tête de pékinois sur un corps de lévrier, il en résulterait une curiosité que l'expression de beautécontrastée serait impropre à définir...

c. L'harmonie dynamique

Lorsqu'une forme réussit à être simultanément harmonieuse et contrastée, elle accomplit une sorte de miracle, car, a priori, l'harmonie et le contraste sont deux principes contradictoires. C'est l'aspect quelque peu mystérieux de la beauté - et l'on ne se plaindra pas que tout ne soit pas rationnel dans ce domaine.

Aucune règle ne peut dire comment on obtient cette harmonie dynamique, mais l'exemple de la nature et des oeuvres d'art dit seulement que créer du beau consiste à trouver toujours une nouvelle forme d'harmonie dynamique.

On remarquera que l'expression d'harmonie dynamique désigne, dans le champ esthétique, l'équilibre tendu perceptible dans toute économie du vivant. Si un organisme perd son unité, il perd sa cohérence, se dérègle et meurt ; s'il perd sa distinction (ce par quoi il contribue à la variété du milieu), il se fait engloutir par l'environnement et sa disparition contribue en retour à l'appauvrissement de l'environnement (qu'un unique virus pourra peut être entièrement anéantir). L'analogie reste valable dans le domaine politique : une société sans unité est une jungle où règne la guerre de chacun contre chacun ; mais une société sans variété est simplement une dictature annulant toute identité personnelle.

Rapprochons-nous de l'animal en prenant pour exemple cette belle bête que peut-être l'homme - et plus encore la femme, ajouterons-nous sans misogynie. D'une tête symétrique aux traits fluides on pourra dire qu'elle est harmonieuse, mais on ne pourra dire qu'elle est charmante si quelque trait distinctif ne lui donne un petit relief. De sorte qu'un beau visage présente souvent des traits globalement réguliers avec une très légère asymétrie ou un minuscule défaut - d'où la pratique désuète des "mouches" de taffetas noir que les coquettes posaient sur leur peau blanche. Celui qui veut trouver la beauté peut chercher longtemps la parfaite harmonie. Mais il ne doit pas oublier que celle-ci ne sera mise en valeur que par une petite singularité dont, par définition, on ne peut rien dire de général sinon qu'elle est nécessaire.

 

IV. INTRODUCTION AU LANGAGE DES FORMES APPLIQUEES A L'ESTHETIQUE CYNOLOGIQUE

1. Tableau des formes élémentaires

du point de vue de l'art plastique, on peut considérer que toutes les formes complexes sont des combinaisons de trois formes simples, analogues aux trois couleurs primaires à partir desquelles ont peut obtenir toutes les autres couleurs. Ces trois formes simples sont le rond, le carré et le triangle. Le tableau suivant résume quelques-unes de leurs principales correspondances symboliques.

 

 

Cercle

Carré

Triangle

Idée positive/négative

unité/enfermement

solidité/immobilisme

médiation/danger

Symboles naturels

le monde céleste, le soleil

la matière, la terre

la foudre, l'étoile filante

Symboles urbains

la place publique

la propriété

le chemin

typologie sociale

le roi

le gardien

le vagabond

Qualités

tranquillité

puissance

mobilité

Défauts

égocentrisme et jalousie

lenteur et obstination

instabilité et nervosité

Caractéristiques esthétiques positives/négatives

rondeur/mollesse

régularité/lourdeur

originalité/étrangeté

 

Il est possible d'appliquer cette logique ternaire à la forme du chien. Mais nous ne voulons pas donner à la morphologie esthétique une prétention morphopsychologique : si nous observons une forme significative dans une race de chien, nous n'en déduirons rien ici concernant la psychologie générale de ses représentants ; l'étude de cette forme aura pour seul but de nous faire mieux comprendre le fonctionnement du jugement esthétique porté sur l'animal.

 

2. Application cynotechnique du système des trois formes élémentaires

a.  Méthodologie

La lecture des formes élémentaires (cercle, carré, triangle) chez le chien peut se faire à trois niveaux :

  • la silhouette générale, le plus souvent de profil. 
  • la tête de face ou de profil. 
  • les détails : queue, oreilles, yeux, et dans une très faible mesure, les pattes. 

On n'oubliera pas qu'on ne saurait trouver chez le chien de forme géométrique exacte ! Par conséquent on admettra la présence :

  • du cercle dans les courbes ; 
  • du carré dans les angles droits et l'égalité entre hauteur et largeur ; 
  • du triangle dans les angles fermés et les détails pointus. 

On retiendra également que :

  • l'arrondi est favorisé par l'abondance du poil ; 
  • le carré par la musculature ; 
  • le triangle par la visibilité du squelette. 

Les formes doivent être classées en trois catégories :

  • la forme à prédominance primaire, dans laquelle on perçoit globalement un carré, un cercle ou bien un triangle. 
  • la forme à prédominance secondaire, dans laquelle on perçoit globalement deux formes primaires associées. 
  • la forme équilibrée, dans les parties desquelles les trois formes élémentaires sont associées et se neutralisent. 

L'association des formes primaires peut se faire de trois manières :

  • la combinaison : les parties de l'ensemble gardent des caractéristiques distinctes (corps carré, tête triangulaire, oreilles rondes) 
  • la fusion : dans les différentes parties se trouve approximativement la même association de formes élémentaires (corps carré-rond, tête carrée-ronde...) 
  • association de combinaison et de fusion (c'est le cas le plus courant). 

 b. Exemples

Chiens à prédominance ronde

Le Bedlington-Terrier est tout en lignes courbes. Une race non reconnue par la nomenclature cynologique officielle a une allure très arrondie : le Loulou de Poméranie. Le Bichon à poil frisé autant que le Caniche "en lion" sont très arrondis par la taille traditionnelle de leur poil. Citons encore quelques chiens de bergers à poil long comme le Bobtail, le Bearded-Collie, mais aussi le Terrier tibétain et le Lhassa Apso. Notons que le port de la queue recourbée peut aussi arrondir la silhouette, comme on le voit chez le Samoyède.

Chiens à prédominance carrée

Ce sont en premier lieu les Molossoïdes de type Dogue ou Montagne à poil court qui présentent une silhouette et une tête carrées : Mastiff, Bullmastiff, Dogue allemand (Danois), Saint-Bernard... Les Terriers ont parfois également une forme générale très carrée. Grâce à leur dos très droit, l'Airedale-Terrier et le Fox-Terrier à poil dur ont même une silhouette plus carrée que celle des Molossoïdes.

Chiens à prédominance triangulaire

Il s'agit évidemment des Lévriers (dont le flanc est très étroit), en particulier à poil court comme le Saluki et le Greyhound, et, malgré leur long poil, l'Afghan et le Barzoï. La gueule, vue de face, d'un grand nombre de chiens offre un petit triangle dont les pointes sont les deux yeux et la truffe ; cette forme étant d'autant plus lisible que la robe est claire et le poil régulier dans sa longueur. Le dessin et la disposition des oreilles contribuent aussi à donner une tête triangulaire, autant de face que de profil, à plusieurs races.

Formes associées par combinaison et/ou fusion

le Boxer donne l'exemple d'une forme très combinée : la silhouette est plutôt carrée, bien que le tronc soit assez triangulaire, la tête est un carré présentant des détails arrondis.

Le Puli, à cause de son poil très étrange, est typique d'une fusion carrée-ronde.

Le Tervueren (Berger belge) doit à son long poil une silhouette élégante caractéristique du triangulaire arrondi. Cette association s'observe aussi chez le Colley à poil long dont le profil offre une ligne d'une grande fluidité, qu'on ne retrouve nullement chez son cousin à poil court.

Formes équilibrées

Les Braques sont dans leur ensemble des chiens à forme très équilibrée. C'est le cas de la plupart des chiens du 7e groupe (chiens d'arrêts).  Le Setter irlandais fait exception cependant, par ses caractéristiques de triangulaire-arrondi. Le principal danger esthétique dans le cas des formes très équilibrées est évidemment la fadeur.

Formes difficiles à classer

Les chiens très allongés et courts sur pattes (dont on se moque en les comparant à divers types de saucisses) semblent moins aisément classables à partir de nos trois formes élémentaires. Cependant, on voit, par exemple, que le Teckel à poil ras est du type rond triangulaire, tandis que son cousin à poil dur a une allure beaucoup plus carrée.

Lorsque la lecture est difficile, il est préférable de procéder par élimination en se demandant quelle est la forme élémentaire la moins apparente dans l'animal.

 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 02/04/2008

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